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Pourquoi y a-t-il une grande niche vide dans l'Hôtel de Ville de Rennes ?

Fabio FerrariRennes

L'hôtel de ville : renaissant telle un phénix de ses cendres

Comment un incendie dévastateur a conduit à la renaissance de Rennes.

L'Hôtel de Ville de Rennes n'est pas seulement un endroit où les politiciens trient des papiers et prennent des décisions ; c'est un survivant. Son histoire commence avec l'un des épisodes les plus dramatiques de l'histoire de Rennes : le Grand Incendie de 1720. Imaginez cela : un atelier de menuisier, une bande de gens qui s'amusent un peu trop, une dispute domestique, et soudain—bam ! Une lampe éclate, et toute la ville s'embrase. Pendant une semaine entière, le feu a ravagé les rues médiévales comme s'il avait un compte à régler, ne laissant derrière lui que des cendres et des cœurs brisés.

Mais Rennes n'allait pas abandonner. Dans la foulée, le roi Louis XV a envoyé son meilleur architecte, Jacques Gabriel, pour reconstruire la ville de zéro. Fini les anciennes rues médiévales chaotiques, place aux grandes places et aux rues droites. Le point central de cette nouvelle ville était la Place de la Mairie, où le magnifique Hôtel de Ville se dresse encore aujourd'hui. C'est plus qu'un simple bâtiment ; c'est un symbole de l'esprit de Rennes—écroulé mais jamais vaincu.

L'hôtel de ville : renaissant telle un phénix de ses cendres

Un grand relooking : construire le nouveau Rennes

La vision de l'ordre et de l'autorité de Jacques Gabriel

Gabriel n’a pas fait les choses à moitié en concevant l’Hôtel de Ville. Il a plongé dans le baroque, avec deux ailes identiques et une élégante tour de l’horloge au milieu. D’un côté, vous avez le tribunal; de l’autre, le centre administratif. C’est comme une grande étreinte architecturale enroulée autour de la justice et de la gouvernance.

Mais entrons dans le vif du sujet : la niche sous cette tour centrale. Aujourd'hui, c’est juste un grand trou vide, mais ce n’a pas toujours été le cas. À l’époque, cette niche était un emplacement de choix pour une statue du roi Louis XV, le type qui a aidé à ramener Rennes sur les rails après l’incendie. C’était une manière de rendre hommage à l’homme aux commandes. Mais vous savez comment va l’histoire : les choses changent.

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La révolution : à bas sa tête (enfin, sa statue) !

Quand la Révolution française est venue pour le roi

Avançons vers la Révolution française, quand tout le monde était d'humeur à, eh bien, casser des choses. La statue du roi Louis XV devait disparaître. Les révolutionnaires voulaient renverser les symboles de la monarchie, et cette statue ne faisait pas exception. Ils l'ont donc abattue, laissant la niche étrangement vide. C'était comme si l'Hôtel de Ville avait soudain une dent manquante.

Mais attendez, la niche n'allait pas rester vide longtemps. Une nouvelle sculpture y a été installée, cette fois représentant l'Union de la Bretagne avec la France. Elle montrait Anne de Bretagne à genoux devant une figure allégorique de la France. Ça a l'air joli et unificateur, non ? Eh bien, pas tout à fait. Cette nouvelle addition a suscité sa propre controverse et a compliqué encore plus l'histoire de la niche.

La révolution : à bas sa tête (enfin, sa statue) !

Révolte nationaliste : la niche devient un champ de bataille

Un symbole de discorde entre la Bretagne et la France

Il s’avère que tout le monde n’était pas ravi de l'idée de l'« Union de la Bretagne avec la France ». Le sentiment nationaliste en Bretagne n'était pas prêt à laisser ce monument passer. Pour eux, c'était un symbole d'oppression, pas d'unité. Alors, en 1932, lors du 400e anniversaire de l'union de la Bretagne avec la France, les choses se sont enflammées. Un groupe de manifestants a décidé que cette sculpture était un « monument de la honte nationale » et l'a détruite. Et voilà, la niche était de nouveau vide.

Et elle y reste, un espace vide en plein milieu de la magnifique façade de l'Hôtel de Ville. Mais ne laissez pas ce vide vous tromper : il est chargé d'histoires. Chaque fois que vous passez, c'est comme si la niche murmurait des récits de feu, de rébellion, de luttes identitaires, et de l’éternelle lutte entre le passé et le présent.

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