
Rue des Teinturiers : la rue historique des roues d'Avignon
Le cœur industriel du vieil Avignon
Située dans le centre historique d'Avignon, la rue des Teinturiers est une pittoresque rue en calade qui longe un bras de la Sorgue. Ombragée par de grands platanes, la rue est célèbre pour ses grandes roues à aubes couvertes de mousse, vestiges de son passé industriel. Officiellement baptisée en 1843, cette rue fut l'épicentre de l'industrie textile d'Avignon du XIVe au XIXe siècle. L'ensemble du centre historique d'Avignon, y compris cette rue, a été classé au patrimoine mondial de l'UNESCO en 1995.
Avant son nom actuel, la rue en a connu beaucoup d'autres, notamment la « rue du Cheval-Blanc » et la « rue des Pénitents Gris ». Son pavement unique est fait de galets provenant de la Durance.
Une histoire au fil de l'eau
Le développement de la rue fut favorisé par le cours constant du canal de la Sorgue, aménagé pour amener l'eau dans la ville. À partir de 1440 environ, des moulins à eau furent installés pour alimenter les ateliers de teinture. L'eau, provenant de la Fontaine de Vaucluse, était prisée pour sa pureté, ce qui la rendait idéale pour le processus de teinture. L'industrie textile, qui comprenait des teinturiers, des foulons et des tanneurs, a atteint son apogée au XVIIe siècle. À une certaine époque, des mûriers bordaient la rue pour nourrir les vers à soie destinés à la production locale.
Alors que 23 roues à aubes étaient en activité en 1817, seules quatre subsistent aujourd'hui en tant que monuments historiques. La rue a également été le théâtre de troubles, notamment l'assassinat en 1791 du révolutionnaire Nicolas Lescuyer, un événement précurseur des Massacres de la Glacière.
Monuments et personnages illustres
La rue des Teinturiers abrite une architecture historique remarquable et fut autrefois la résidence de plusieurs personnages célèbres. La Maison du IV de Chiffre, une demeure gothique construite en 1493, arbore sur sa façade un monogramme mystérieux dont la signification n'a jamais été formellement élucidée. La chapelle des Pénitents gris est connue pour un miracle qui se serait produit en 1433, lorsque les eaux de la crue se seraient écartées pour sauver le Saint-Sacrement.
Le célèbre naturaliste Jean-Henri Fabre a vécu au numéro 14 de 1855 à 1871, où il conseilla Louis Pasteur sur les maladies du ver à soie. D'autres figures historiques liées à la rue incluent le roi Louis VIII, qui fonda la Confrérie des Pénitents Gris en 1226, et Jules-François Pernod, créateur de la boisson alcoolisée éponyme. Les ruines voisines du couvent des Cordeliers seraient le lieu de sépulture de Laure de Noves, la muse du poète Pétrarque.
La rue aujourd'hui
Aujourd'hui, la rue des Teinturiers offre une atmosphère paisible qui contraste avec les places principales d'Avignon. Elle est bordée de cafés, de petits restaurants avec terrasses au bord du canal, de librairies et de boutiques d'artisans. La rue se transforme en un lieu plein de vie pendant le Festival d'Avignon, accueillant des compagnies de théâtre indépendantes et des spectacles. Classée « monument naturel » depuis 1932, elle reste un lien tangible avec le riche patrimoine industriel et culturel de la ville.
FAQ
Pourquoi la rue des Teinturiers est-elle surnommée la « rue des Roues » ?
La rue est souvent surnommée la « rue des Roues » en raison des grandes roues à aubes historiques qui bordent son canal. Ces roues étaient essentielles pour alimenter l'industrie textile et de la teinture d'Avignon du XIVe au XIXe siècle.
Quelle est l'importance de l'eau dans la rue des Teinturiers ?
La rue longe un bras de la Sorgue. Ce cours d'eau était essentiel pour faire tourner les moulins de l'industrie textile. L'eau, provenant de la Fontaine de Vaucluse, était particulièrement appréciée pour sa pureté, idéale pour la teinture des tissus.
Les roues à aubes de la rue sont-elles encore en activité ?
Alors qu'on dénombrait 23 roues à aubes en 1817, il n'en reste aujourd'hui que quatre. Conservées à titre de monuments historiques, elles ne sont plus en fonctionnement.
Quel est le mystérieux symbole de la Maison du IV de Chiffre ?
La Maison du IV de Chiffre, une demeure gothique de 1493, arbore sur sa façade un monogramme énigmatique. Il représente un cœur surmonté d'une croix de Lorraine et d'une croix de Saint-André. Sa véritable signification s'est perdue, et les théories suggèrent qu'il pourrait s'agir d'une marque de corporation, d'un talisman contre la peste ou d'un symbole alchimique.



