Maison de Tristan l'Hermite : une légende tourangelle - Tours
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Maison de Tristan l'Hermite : une légende tourangelle

Tours, France

Située au 16 rue Briçonnet, dans le quartier historique du Vieux-Tours, la Maison de Tristan l'Hermite est un remarquable hôtel particulier du XVe siècle. Bien que son nom populaire évoque un sinistre prévôt royal, sa véritable histoire est ancrée dans la bourgeoisie marchande de la ville. Classé monument historique en 1862, l'édifice témoigne de l'architecture de la fin du Moyen Âge et du pouvoir des légendes urbaines.

Particularités architecturales

L'édifice, construit vers 1495, se distingue par sa façade en brique et pierre. L'un de ses éléments caractéristiques est son pignon à redents. Cet élément architectural, d'influence flamande, est une rareté en Touraine et témoigne des liens commerciaux qui unissaient autrefois Tours à l'Europe du Nord. À l'intérieur, une tour abrite un escalier à vis de Saint-Gilles en brique, le tout couronné par un belvédère.

La légende de Tristan l'Hermite

Malgré son nom, la maison n'a aucun lien direct avec le personnage historique de Tristan l'Hermite, le redoutable prévôt des maréchaux du roi Louis XI. Cette association est une erreur historique tenace, car le prévôt est mort vers 1478, soit près de vingt ans avant la construction de la maison. La légende est probablement née d'une mauvaise interprétation d'une cordelière décorative sculptée sur la façade. Cette sculpture a été confondue avec une corde de pendu, symbole de la sinistre réputation du prévôt, réputation ensuite immortalisée par la littérature, notamment dans Notre-Dame de Paris de Victor Hugo.

Véritable histoire et propriétaires

L'hôtel particulier fut commandité à l'origine par Pierre du Puy, un riche marchand et bourgeois de Tours qui possédait la propriété à la fin du XVe siècle. Sa piété transparaît dans l'inscription « Prie Dieu pur » que l'on trouve sur la façade. L'édifice est également connu sous le nom de Maison de la Cordelière, en référence à cette sculpture. Cet emblème fait en réalité référence à l'ordre de la Cordelière, un ordre de chevalerie fondé par Anne de Bretagne, ou par sa mère Marguerite de Foix, vers 1498.

Au fil des siècles, la propriété a changé de mains. Au XVIIe siècle, Jean Charles Viot, un riche marchand de soie, acquit l'hôtel particulier et agrandit le domaine en y faisant construire un hôtel attenant. Son petit-fils, Nicolas Simon, naquit dans la maison en 1741.

La maison aujourd'hui

Pendant une grande partie du XXe siècle, la Maison de Tristan l'Hermite a eu une fonction publique, abritant l'Institut européen d'histoire et des cultures de l'alimentation (IEHCA) jusqu'en 1997. En septembre 2019, la ville de Tours a vendu la propriété à des particuliers. Étant désormais une résidence privée, l'accès au public est restreint, et seule sa façade si particulière peut être admirée.

FAQ

Qui a véritablement fait construire la Maison de Tristan l'Hermite ?

L'hôtel particulier a été construit vers 1495 pour son propriétaire, Pierre du Puy, un riche marchand et bourgeois de Tours.

Pourquoi porte-t-elle le nom de Tristan l'Hermite s'il n'y a jamais vécu ?

Ce nom est une erreur historique. Une sculpture de cordelière sur la façade a été interprétée à tort comme une corde de pendu, associée aux sinistres fonctions du prévôt. La maison a été construite près de 20 ans après la mort de Tristan l'Hermite.

Quelle est la particularité de l'architecture de cet édifice ?

Sa façade présente un pignon à redents, un style d'influence flamande rare en Touraine. L'intérieur abrite également un escalier à vis de Saint-Gilles en brique, surmonté d'un belvédère.

Peut-on visiter l'intérieur de la Maison de Tristan l'Hermite ?

Non, l'édifice a été vendu à des particuliers en 2019 et c'est maintenant une résidence privée. L'accès au public se limite à sa façade.

Tours featuring Maison de Tristan l'Hermite

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