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Musée San Roque : histoire et trésors de Valladolid

Valladolid, Mexico

Ce qui ne fut d'abord qu'un paisible cloître franciscain du XVIe siècle a fini par servir de lieu d'exécution pour les premiers révolutionnaires, avant d'abriter la toute première centrale électrique de la ville. Aujourd'hui devenu le musée San Roque, le lieu est une étape incontournable du parcours patrimonial classique reliant le Parque Francisco Cantón Rosado au cénote Zací, à Valladolid, dans le Yucatán.

Un bâtiment aux mille vies

En quatre siècles d'existence, cette bâtisse en pierre de la Calle 41 a connu une trajectoire pour le moins mouvementée. Fondée vers 1575 par l'ordre franciscain pour servir de chapelle et de cloître, elle a été convertie entre 1630 et 1634 en premier véritable hôpital public de Valladolid, l'Hospital del Santo Nombre de Jesús. En 1703, le terrain est transformé en sépulture pour deux maires assassinés lors du retentissant « Crimen de los Alcaldes » perpétré au cœur de l'église San Servacio. Vers le milieu du XXe siècle, le bâtiment héberge même temporairement les premiers générateurs électriques municipaux. Aujourd'hui encore, ses épais murs de calcaire blanchis à la chaux, hérités du XVIe siècle, offrent un havre de fraîcheur bienvenu face à la moiteur extérieure.

L'étincelle de la Révolution

Le site est un haut lieu de la mémoire révolutionnaire mexicaine. Le 4 juin 1910, Valladolid est le théâtre de l'un des tout premiers soulèvements armés du pays, resté célèbre sous le nom de « La Primera Chispa de la Revolución » (la première étincelle de la Révolution). Peu après, le 25 juin 1910, les chefs rebelles Maximiliano R. Bonilla, Atilano Albertos et José Encarnación Kantún sont fusillés dans les jardins de la propriété.

La cour attenante accueille désormais le Parque de los Héroes. Cette place commémorative ombragée abrite un obélisque, des plaques du souvenir et les cryptes contenant les dépouilles des chefs exécutés. Chaque année, autour des 3 et 4 juin, Valladolid organise des reconstitutions historiques de l'insurrection de 1910, qui s'achèvent par des cérémonies du souvenir dans ce parc.

Au cœur du musée San Roque

Après une vaste campagne de restauration, les lieux ont officiellement ouvert sous le nom de musée San Roque le 4 juin 1985, une date délibérément choisie pour marquer le 75e anniversaire exact du soulèvement révolutionnaire de 1910.

Le musée retrace l'histoire dense et tourmentée de Valladolid à travers plusieurs salles. Dans la salle 1, aménagée dans l'ancienne nef de la chapelle, sont exposés des objets mayas préhispaniques mis au jour sur des sites voisins comme Ek' Balam, de très anciens ossements mayas, ainsi que des pièces illustrant la fondation de la cité espagnole en 1543. Cette salle aborde également la guerre des castes et présente des objets liés aux incursions régionales du célèbre pirate Laurent de Graaf, surnommé localement « Lorencillo ». La salle 2, établie dans l'ancienne sacristie, ainsi que les galeries suivantes, mettent à l'honneur la médecine traditionnelle maya, l'artisanat régional et l'histoire du XXe siècle.

FAQ

Que fut le musée San Roque avant de devenir un musée ?

Érigé vers 1575 comme chapelle et cloître franciscains, il a tour à tour servi de premier hôpital public de Valladolid, de cimetière pour des maires assassinés, de lieu d'exécution et de première centrale électrique de la ville.

Que peut-on voir au musée San Roque ?

Le musée présente des vestiges mayas préhispaniques issus de sites comme Ek' Balam, des objets liés au pirate Laurent de Graaf, ainsi que des expositions retraçant la fondation de la cité espagnole en 1543, la guerre des castes, la médecine traditionnelle maya et la Révolution mexicaine de 1910.

Qui repose au Parque de los Héroes ?

Le parc abrite les cryptes de Maximiliano R. Bonilla, Atilano Albertos et José Encarnación Kantún, trois chefs révolutionnaires passés par les armes dans les jardins du bâtiment en 1910.

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