
Hôpital des Chevaliers et musée archéologique de Rhodes
Autrefois sanctuaire de soins fondé par des moines-soldats, l'hôpital des Chevaliers de Rhodes s'est métamorphosé au fil des siècles, servant tour à tour de caserne militaire et abritant aujourd'hui des trésors d'art antique, incarnant ainsi l'histoire mouvementée de l'île. Situé au cœur de la vieille ville de Rhodes, classée au patrimoine mondial de l'UNESCO, ce bâtiment fait le lien entre l'héritage médiéval de l'île et son lointain passé antique.
Histoire et construction
Les Hospitaliers, un ordre militaire catholique qui se consacrait au soin des malades, établirent leur domination sur Rhodes en 1310. Fidèle à sa vocation caritative originelle, la décision de construire un nouvel et grand hôpital fut prise par le grand maître Antoine Fluvian entre 1421 et 1437. La construction débuta en 1440 sous le grand maître Jean de Lastic et fut achevée en 1489 sous le célèbre grand maître Pierre d'Aubusson.
Édifié sur les vestiges d'une structure romaine, l'hôpital est un magnifique exemple d'architecture gothique aux accents Renaissance, un style rare en Grèce. Le bâtiment a été pensé pour allier fonctionnalité et soins. Le rez-de-chaussée abritait les écuries et des entrepôts, tandis que l'étage supérieur accueillait la Grande Salle des Malades, une vaste salle de 32 lits pouvant héberger jusqu'à 100 patients, où des rideaux assuraient une certaine intimité.
De l'hôpital au musée
Après le départ des chevaliers de Rhodes en 1522, suite au siège mené par le sultan Soliman, la vocation du bâtiment changea. Pendant la longue période ottomane (1523-1912), il servit d'abord d'hôpital, puis de caserne militaire. Au-dessus de la porte principale, une inscription majeure détaillant une contribution de 10 000 florins du grand maître Fluvian devint difficile à lire après le retrait du plomb qui en garnissait les lettres durant cette période.
Entre 1913 et 1918, les Italiens, qui contrôlaient alors l'île, entreprirent une restauration d'envergure du bâtiment historique. Il rouvrit officiellement ses portes en 1914 pour devenir le musée archéologique de Rhodes. Le bâtiment subit quelques dommages durant la Seconde Guerre mondiale, lorsqu'un bombardement anglais détruisit son réfectoire.
Le musée archéologique aujourd'hui
Aujourd'hui, l'ancien hôpital abrite le musée archéologique de Rhodes, une attraction culturelle majeure. Ses collections rassemblent un vaste éventail de trouvailles provenant de Rhodes et des îles voisines, avec des pièces qui s'étendent du néolithique à l'époque ottomane. Les pièces exposées illustrent les périodes mycénienne, géométrique, classique, hellénistique et romaine.
Parmi les œuvres les plus remarquables du musée figurent la statue en marbre du Ier siècle av. J.-C. de l'« Aphrodite se baignant », des monnaies anciennes, des reliefs en marbre du temple d'Apollon et les sols en mosaïques complexes de villas hellénistiques. Une sculpture en particulier, la tête en marbre d'Hélios, a connu une renommée moderne après son apparition en 2011 sur la pochette de l'album « Floral Shoppe » de Macintosh Plus, ce qui l'a associée à l'esthétique Internet Vaporwave.
FAQ
Quand l'hôpital des Chevaliers de Rhodes a-t-il été construit ?
La décision de construire l'hôpital a été prise entre 1421 et 1437. Sa construction a débuté en 1440 sous le grand maître Jean de Lastic et s'est achevée en 1489 sous le grand maître Pierre d'Aubusson.
À quoi sert l'hôpital des Chevaliers aujourd'hui ?
Depuis sa restauration et sa réouverture en 1914, le bâtiment abrite le musée archéologique de Rhodes. Il expose un large éventail d'objets provenant de Rhodes et des îles voisines.
Quelles sont les œuvres célèbres du musée archéologique de Rhodes ?
Parmi les pièces maîtresses, on trouve la statue en marbre de l'« Aphrodite se baignant » (Ier siècle av. J.-C.), la tête en marbre d'Hélios et des sols en mosaïque très bien conservés provenant d'anciennes villas hellénistiques.
Qui étaient les Hospitaliers ?
Les Hospitaliers étaient un ordre militaire catholique fondé entre les XIe et XIIe siècles. À l'origine, ils se consacraient au soin des pèlerins malades à Jérusalem, avant de devenir une force militaire qui gouverna Rhodes de 1310 à 1522.



