Thermes du Kaiserbad : les bains impériaux de Karlovy Vary - Karlovy-vary-1
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Thermes du Kaiserbad : les bains impériaux de Karlovy Vary

Karlovy-vary-1, Czechia

Situés au 2 Mariánskolázeňská, le long de la rivière Teplá, les Bains impériaux (historiquement connus sous le nom de Kaiserbad, puis Lázně I) s'élèvent à l'extrémité sud de la promenade historique de Karlovy Vary. Posté en face du parc Sady Karla IV et tout contre le Grandhotel Pupp, l'édifice marque la frontière où l'architecture thermale des quais cède le pas aux sentiers forestiers de la vallée. Conçu par les célèbres architectes viennois Ferdinand Fellner et Hermann Helmer, bâtisseurs de théâtres réputés, le complexe fut érigé entre 1893 et 1895 à l'emplacement d'une ancienne brasserie municipale, avant d'inaugurer ses fastes le 5 mai 1895. Aujourd'hui classé monument culturel national, il constitue l'un des joyaux de Karlovy Vary au sein de l'inscription à l'UNESCO des « Grandes villes d'eaux d'Europe ».

Architecture Belle Époque et ingénierie industrielle

Initié en 1891 par le balnéologue Karel Becher, ce complexe en fer à cheval fut conçu pour être le centre thermal le plus avant-gardiste de tout l'Empire austro-hongrois. La façade marie la néo-Renaissance française à des envolées néo-baroques et des touches d'Art nouveau naissant, déployant de grands escaliers symétriques, des porches pour carrosses, des sculptures de pierre et les armoiries de la ville. À l'intérieur, un décor somptueux de marbre, de stucs dorés et de plafonds peints voyait défiler jusqu'à 2 000 curistes par jour à travers une centaine de cabines individuelles proposant bains minéraux, carbogazeux, vapeurs, air chaud, électrothérapie et immersions dans la tourbe.

Derrière ce faste ostentatoire tournait une véritable machinerie industrielle, savamment huilée pour soustraire le labeur physique au regard des curistes. La tourbe était préparée dans un pavillon extérieur puis convoyée sur rails dans des galeries souterraines. De là, des monte-charges hydrauliques hissaient les baquets de bois à travers de discrètes trappes dans le plancher, directement au cœur des cabines de soins. Pour le baigneur, la magie opérait sans le moindre bruit d'engrenage.

Le gymnase mécanisé et la suite impériale

L'obsession technologique du Kaiserbad s'étendait jusqu'à la physiothérapie. Au premier étage, la salle Zander était équipée de 64 appareils d'entraînement mécanisés conçus par le médecin suédois Gustav Zander. Reliées à un arbre de transmission central caché sous le parquet, ces machines offraient aux curistes une rééducation automatisée par résistance.

Pour les hôtes de sang royal, l'établissement réservait le Fürstenbad (bain des princes), rebaptisé plus tard bain impérial. Cette suite d'un luxe inouï comprenait salons privés, chambres de repos et une spectaculaire baignoire encastrée, taillée sur mesure pour l'empereur François-Joseph Ier. Les registres impériaux révèlent pourtant l'ironie de l'histoire : venu inspecter les thermes en grande pompe lors de sa visite à Karlsbad en août 1904, le monarque logea au Grandhotel Pupp voisin et ne trempa jamais le moindre orteil dans sa baignoire royale.

Métamorphoses et nouveaux usages

Après la chute de l'empire et l'avènement de la Tchécoslovaquie en 1918, le complexe fut rebaptisé Lázně I. Afin de fonctionner en toutes saisons, la cour centrale à ciel ouvert fut coiffée d'une toiture entre 1948 et 1953. Les soins thermaux y perdurèrent des décennies durant avant de s'interrompre à la fin des années 1980. Au début des années 1990, la salle Zander s'improvisa un temps casino privé, avant que l'ensemble du complexe ne sombre dans le délabrement pour fermer définitivement ses portes en 1994.

Pendant ses années de sommeil, le Kaiserbad séduisit le septième art. Sa façade et son porche d'entrée incarnèrent le casino monténégrin dans le James Bond de 2006, Casino Royale, tandis que ses portes tambour tournaient déjà en 2003 dans la comédie d'action Shanghai Kid 2.

Restauration contemporaine et renouveau culturel

Entre décembre 2019 et juin 2023, les autorités régionales ont orchestré une colossale restauration publique chiffrée entre 1,4 et 1,5 milliard de couronnes tchèques. Rouvert en juin 2023, le lieu accueille aujourd'hui un centre des visiteurs, un musée de la balnéothérapie, un café et une bibliothèque de recherche.

Pièce maîtresse de cette renaissance, un auditorium géométrique rouge feu s'est glissé dans la cour intérieure. Imaginée par l'agence Petr Hájek Architekti, cette structure entièrement réversible repose sur six pieds d'acier sans effleurer les murs historiques. Salle de concert modulable, elle accueille à demeure l'Orchestre symphonique de Karlovy Vary. Son plafond est truffé de modules triangulaires motorisés qui pivotent pour absorber, diffuser ou réfléchir le son, sculptant une acoustique sur mesure à chaque représentation.

FAQ

L'empereur François-Joseph Ier a-t-il vraiment utilisé le bain impérial ?

Bien qu'une somptueuse suite privée dotée d'une baignoire encastrée eût été spécialement aménagée pour l'empereur François-Joseph Ier, les archives historiques révèlent qu'il se contenta de visiter et d'inspecter les Bains impériaux lors de son séjour en août 1904, sans jamais s'y baigner.

Quels films ont été tournés au Kaiserbad ?

La façade et l'entrée principale du Kaiserbad ont servi de décor au casino monténégrin dans le James Bond de 2006, Casino Royale. Les portes tambour du bâtiment apparaissent également dans le film Shanghai Kid 2, sorti en 2003.

À quoi sert la structure en acier rouge située dans la cour ?

Conçue par le cabinet Petr Hájek Architekti, cette structure rouge autoportante est une salle de concert moderne et polyvalente montée sur six pieds d'acier. Sans aucun point de contact avec les murs historiques, elle sert de scène principale et de résidence permanente à l'Orchestre symphonique de Karlovy Vary.

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