Alameda del Tajo : promenade au bord de la falaise à Ronda - Ronda
© Wikimedia Commons | CC-BY-SA
Destination

Alameda del Tajo : promenade au bord de la falaise à Ronda

Ronda, Spain

Origines et urbanisme des Lumières

L’Alameda del Tajo voit le jour à la fin du XVIIIe siècle, dans le cadre d’un programme de réformes urbaines inspiré des Lumières à Ronda. Lancé vers 1787 sous l’égide du corregidor Joaquín Valcárcel y Rico, marquis de Pejas, le projet réaménage un terrain vague face au couvent de la Merced pour doter le quartier en plein essor du Mercadillo d’un véritable espace vert public. Les travaux s'achèvent en 1806 sous la direction du corregidor Vicente Cano, et le parc est inauguré sous son nom d'origine : l’Alameda de San Carlos.

Parmi les premiers embellissements figuraient des bustes en pâte de terre cuite à l’effigie de la famille royale espagnole. Mais ce matériau délicat n'a pas résisté bien longtemps au rude climat montagnard de Ronda, et aucune de ces statues originales n'a survécu. Une tenace légende locale raconte que le corregidor Cano évita d'entamer les finances municipales pour achever le parc en infligeant de lourdes amendes aux habitants pris en flagrant délit de jurons, de blasphèmes ou d’outrages aux bonnes mœurs dans la rue.

Patrimoine botanique et tracé

S'étendant sur près de 18 000 mètres carrés à deux pas des arènes, le parc suit un tracé géométrique rigoureux. Il déploie cinq allées parallèles et ombragées, séparées par des parterres réguliers. Cette voûte végétale dense crée un havre feutré qui étouffe les rumeurs de la ville et tempère les ardeurs de l’été.

Au détour de ces promenades s'élèvent plusieurs spécimens bicentenaires inscrits au registre provincial des arbres remarquables de Malaga. Parmi eux, un majestueux cèdre de l'Himalaya, un imposant pin parasol (Pinus pinea) et un acacia à trois épines qui veille sur la mare aux canards. Près de l’entrée, un monument rend hommage à Pedro Romero, enfant de Ronda et figure essentielle tenue pour l’inventeur de la corrida moderne à pied.

Les balcons au-dessus du vide

Le véritable coup de théâtre visuel de l'Alameda del Tajo se joue sur ses franges sud et ouest. Là, les paisibles allées s'interrompent net devant des grilles de fer forgé dominant l'abîme vertigineux du Tajo.

Le plus célèbre de ces belvédères est le Mirador de la Peña de Berlanga. Dans le langage populaire, on le surnomme sans détour le Balcón del Coño. Ce nom fleuri vient du juron spontané qui échappe immanquablement aux visiteurs lorsqu'ils plongent le regard dans la vertigineuse paroi rocheuse qui se dérobe sous leurs pieds.

Vie culturelle contemporaine et liaisons urbaines

Après plusieurs réaménagements des bancs et des allées au milieu du XIXe siècle, le parc a connu de nouvelles transformations à la fin du XXe siècle. Une partie du site a été repensée pour accueillir des infrastructures municipales, notamment la Casa de la Cultura et le Teatro Vicente Espinel, inauguré en 1994. Ce théâtre demeure le cœur battant des concerts locaux, des représentations dramatiques et des festivités du carnaval.

Aujourd’hui, l’Alameda del Tajo fait office de parc principal et de véritable « poumon vert » de Ronda. Point de départ septentrional de l’itinéraire longeant la falaise, il rejoint le Paseo de Blas Infante, le Paseo Hemingway et le Paseo de los Ingleses, tout en offrant une voie directe vers le Puente Nuevo pour le traditionnel paseo du soir.

FAQ

Pourquoi le Mirador de la Peña de Berlanga est-il familièrement surnommé le Balcón del Coño ?

Le belvédère doit ce surnom familier au vertige provoqué par le vide béant sous la falaise, qui arrache immanquablement aux visiteurs l'exclamation espagnole bien sentie : « ¡Coño! ».

Selon la tradition locale, comment le parc a-t-il été financé ?

La tradition locale veut que le corregidor Vicente Cano ait financé l’achèvement des jardins en 1806 grâce aux amendes infligées aux citoyens coupables de jurons, de blasphèmes ou d’outrages aux bonnes mœurs dans la rue.

Quels arbres remarquables peut-on admirer dans l’Alameda del Tajo ?

Le parc abrite plusieurs spécimens bicentenaires inscrits au registre des arbres remarquables de la province de Malaga, dont un cèdre de l'Himalaya, un immense pin parasol (Pinus pinea) et un acacia à trois épines près de la mare aux canards.

More places in Ronda