
Nebet Tepe : l'antique acropole de Plovdiv
Tenez-vous là, très exactement, où est née l'une des plus anciennes villes d'Europe toujours habitées, il y a plus de 6 000 ans. Longez les pans de murs effrités de l'antique forteresse de Nebet Tepe en profitant d'un panorama grandiose sur la ville qui s'étale à vos pieds.
Le berceau urbain de Plovdiv
Nebet Tepe est la plus septentrionale des « Trois Collines » de Plovdiv, véritable cœur historique et géologique de la cité. Les premières traces d'occupation sur ce promontoire remontent à l'âge du cuivre, vers 4000 av. J.-C., confirmant le rang de Plovdiv parmi les plus anciens sites d'Europe habités sans interruption. Entre le XIIe et le VIe siècle av. J.-C., les Thraces fortifient cette éminence naturelle et y établissent un sanctuaire. La tradition locale baptise cette première cité thrace « Evmolpia », d'après Evmolpos, souverain et chantre mythique. Une autre légende parle de la « Colline de Musée », en hommage à un brillant disciple d'Orphée.
Après sa conquête par Philippe II de Macédoine en 342 av. J.-C., le site devient la haute acropole de la ville nouvellement baptisée Philippopolis. Au fil des époques romaine et byzantine, la forteresse demeure un bastion vital, même lorsque la cité finit par s'étendre dans la plaine en contrebas. Les empereurs Marc Aurèle et Justinien Ier superviseront tous deux d'importants travaux de reconstruction des remparts afin de protéger la garnison perchée sur les hauteurs.
Millefeuille architectural et pierres antiques
Classé monument culturel d'intérêt national et réserve archéologique, Nebet Tepe offre un impressionnant millefeuille de structures historiques. Les plus anciennes fortifications conservées, datant du IVe siècle av. J.-C., laissent voir l'entrée d'une tour carrée. Ces premiers remparts ont été bâtis en « appareil cyclopéen », une technique utilisant d'imposants blocs de syénite parfaitement ajustés sans le moindre mortier.
Parmi les autres curiosités du site, on trouve un bastion romain du Ier siècle après J.-C. et une poterne de l'époque de Justinien descendant vers la rivière Maritsa. La colline cache également des citernes souterraines voûtées. Leur capacité exacte fait toujours débat : les estimations oscillent entre 70 000 litres pour la citerne romaine et jusqu'à 300 000 litres pour le réservoir médiéval.
À l'époque ottomane, les villes de l'intérieur de l'Empire n'ont plus besoin d'imposantes défenses. La colline perd sa fonction militaire et devient le socle des demeures de la Renaissance bulgare, construites à même la roche ou sur les anciens remparts. C'est à cette époque que le lieu hérite de son nom actuel, qui signifie « Colline des gardes », issu des mots turcs ottomans nevbet (garde) et tepe (colline).
Un parc archéologique moderne
Aujourd'hui, Nebet Tepe est un parc archéologique à ciel ouvert gratuit et le plus beau point de vue de la ville. À la suite d'un grand projet de restauration financé par l'UE, le site a rouvert ses portes en mars 2025. Il est géré par le Musée archéologique régional, qui propose des visites guidées facultatives au milieu des vestiges.
Le site restauré offre des sentiers pavés et des panneaux explicatifs. La nuit venue, la mise en lumière des remparts découpe joliment les pierres antiques sur le fond sombre de la colline. Du haut de ses 207 mètres d'altitude, dominant les rues environnantes de 46 mètres, le sommet offre une vue à 360 degrés sur les toits de la vieille ville, le centre moderne et la rivière Maritsa.
FAQ
L'accès à Nebet Tepe est-il gratuit ?
Oui, Nebet Tepe est un parc archéologique en plein air totalement gratuit, ouvert tous les jours au public.
De quand datent les ruines de Nebet Tepe ?
Les premières traces d'occupation remontent à 4000 av. J.-C., ce qui en fait l'un des plus anciens lieux habités en continu d'Europe. Les plus anciens vestiges de murs en pierre encore debout datent du IVe siècle av. J.-C.
Que signifie le nom Nebet Tepe ?
Ce nom se traduit par « Colline des gardes ». Il provient des mots turcs ottomans nevbet (garde) et tepe (colline), en référence à la garnison qui occupait autrefois le sommet.



