
Calle Estafeta : la ligne droite de l'encierro de Pampelune
La grande ligne droite de l'encierro
Située dans le bourg historique de la Navarrería, au cœur de la vieille ville de Pampelune, la Calle Estafeta est une ruelle étroite longue de 250 à 300 mètres. Elle constitue le tronçon le plus long et le plus rectiligne de l'encierro, ce tracé de 850 à 875 mètres dédié à la célèbre course de taureaux. La rue relie directement le centre historique, tout près de la Plaza del Castillo, au quartier des arènes.
Les taureaux s'engouffrent dans ce couloir après un virage en angle droit particulièrement serré depuis la Calle Mercaderes. À cet angle, l'élan des bêtes les fait fréquemment déraper sur les pavés et s'écraser contre les palissades de bois extérieures, avant d'être canalisées dans la ligne droite. La chaussée est pavée de blocs de granit polis par des siècles de pas, qui se transforment en véritable patinoire par temps humide et font perdre l'équilibre aux coureurs comme aux animaux. Même si la Calle Estafeta reste le terrain de jeu privilégié où les coureurs tentent de sprinter aux côtés du troupeau, les bêtes avalent généralement ces 300 mètres en une poignée de secondes.
Origines historiques et tracé de 1856
Bien avant d'être associée aux fêtes de la ville, cette voie formait une artère urbaine historique, connue au fil des siècles sous diverses appellations : Rúa de Araya y de las Eras, Rúa de la Zaga del Castillo, Rúa Tras del Castillo ou encore Calle de San Tirso. Ce n'est qu'au XIXe siècle qu'elle a été rebaptisée Calle Estafeta, en référence au tout premier relais de poste (estafeta) de Pampelune, autrefois installé le long de son parcours.
La rue est entrée dans la légende des festivités en 1856. Cette année-là, Pampelune inaugure ses nouvelles arènes, imposant de détourner la course de taureaux de son arrivée traditionnelle sur la Plaza del Castillo. L'intégration de la Calle Estafeta offrait une voie rectiligne idéale pour canaliser le troupeau vers la nouvelle arène, fixant pour toujours la géographie moderne de l'événement.
Architecture et héritage noble
La Calle Estafeta est bordée d'immeubles de quatre à cinq étages, bâtis en grès aux tons chauds et en stuc. Leurs façades se distinguent par des volets de bois et des balcons en fer forgé façonnés aux XVIIIe et XIXe siècles. Chaque année, lors des fêtes de la San Fermín qui se tiennent du 7 au 14 juillet, ces balcons privés se louent à prix d'or à des spectateurs en quête d'un perchoir de choix sur les courses matinales de 8 heures.
Le joyau architectural de la rue reste le palais Goyeneche. Édifié au XVIIIe siècle dans un style baroque, ce palais appartenait à une noble lignée issue de la vallée du Baztán et arbore toujours sur sa façade les armoiries familiales sculptées dans la pierre.
Vie quotidienne, gastronomie et chemin de Saint-Jacques
En dehors de la frénésie des fêtes, la Calle Estafeta redevient une rue piétonne animée. Elle sert d'artère commerçante pour les riverains et les visiteurs, tout en accueillant les pèlerins qui parcourent une étape urbaine du chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle.
Au rez-de-chaussée, les commerces de quartier côtoient cafés et bars à pintxos. Le soir venu, la rue se transforme en l'un des hauts lieux de la gastronomie pamplonaise, où l'on se presse pour savourer des spécialités régionales comme la chistorra et la tortilla. Tout au long de l'année, des plaques et des panneaux fixés aux façades permettent aux promeneurs de refaire le parcours de l'encierro en toute saison.
FAQ
Pourquoi la rue porte-t-elle le nom de Calle Estafeta ?
La rue a été rebaptisée au XIXe siècle en hommage au tout premier relais de poste de Pampelune, l'estafeta, qui se trouvait le long de cette artère.
Quand la Calle Estafeta a-t-elle été intégrée au tracé de l'encierro ?
Elle a été intégrée à l'encierro en 1856 afin de guider les taureaux vers la nouvelle Plaza de Toros, éloignant ainsi l'arrivée de son cadre traditionnel sur la Plaza del Castillo.
Qu'est-ce qui rend la Calle Estafeta particulièrement dangereuse lors de l'encierro ?
À l'entrée, un virage en angle droit particulièrement serré fait souvent déraper les taureaux contre les palissades en bois, tandis que les pavés de granit séculaires deviennent redoutablement glissants par temps humide.




