Tour Halebija : la sentinelle historique de Mostar - Mostar
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Tour Halebija : la sentinelle historique de Mostar

Mostar, Bosnia-and-herzegovina

L'ancrage occidental du Stari Most

Dressée sur la rive ouest de la Neretva, la tour Halebija ancre le pied de l'emblématique Vieux Pont de Mostar (Stari Most). Face à elle, sur la rive orientale, la tour Tara déploie sa silhouette semi-circulaire. À elles deux, ces sentinelles de pierre, dont Halebija et ses étages rectangulaires, contrôlaient autrefois le passage d'une rive à l'autre. En 2005, l'édifice a rejoint la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO au sein de l'ensemble du quartier du Vieux Pont de la vieille ville de Mostar.

Bâtie en pierres calcaires locales, la tenelija et la miljevina, deux roches poreuses liées au mortier de chaux, la tour Halebija est coiffée de dalles traditionnelles taillées dans la pierre, les fameuses ploče. Tout dans son allure respire la défense : d'épaisses murailles percées de meurtrières au ras du sol et de fenêtres de guet en hauteur, pensées autant pour repousser les assauts que pour surveiller les humeurs du fleuve.

Racines médiévales et « mostari » ottomans

Les premières fortifications sur ce promontoire remontent au moins à 1452, époque où de modestes avant-postes veillaient déjà sur un pont suspendu en bois jeté au-dessus des gorges de la Neretva. Lorsque l'architecte Mimar Hajruddin achève son arche de pierre en 1566 sous le règne de Soliman le Magnifique, la forteresse occidentale devient un bastion militaire officiel, servant de caserne à la garnison ottomane.

Les soldats en faction à Halebija et à Tara portaient le nom de mostari, les gardiens du pont. Fait rare : ce n'est pas le pont qui a hérité du nom de la ville, mais bien Mostar qui s'est baptisée en hommage à ses sentinelles.

Entre 1680 et 1695, le capitaine ottoman Osman-aga Halebija entreprend un remaniement complet de la tour. Il en rehausse les murs et la transforme en corps de garde couvert (karaula), doublé de quartiers pour la troupe. Selon la mémoire locale, Osman-aga ne devait pas son surnom d'Halebija à de quelconques origines à Alep, mais au fait qu'il enseignait le Halabi (Multaqa al-Abhur), un classique de la jurisprudence islamique, à la médersa Karađoz-beg toute proche.

Le cachot de Ćelovina

Le destin de la tour bifurque à nouveau entre 1714 et 1716 sous le gouvernorat de Mustafa Čelić. La voûte du rez-de-chaussée est alors transformée en une obscure prison (tamnica), ce qui pousse les habitants à rebaptiser la forteresse Ćelovina. Pendant que les détenus croupissent dans les profondeurs, les étages supérieurs continuent d'abriter casernes et postes d'observation.

Une partition bien sombre par rapport à sa jumelle d'en face. Tandis qu'Halebija cumulait à l'ouest les fonctions de geôle et de porte fortifiée, la tour Tara, à l'est, servait de poudrière militaire (barutana).

Renaissance moderne et patrimoine vivant

Pendant la guerre de Bosnie, de 1992 à 1995, la tour Halebija a subi de lourds dégâts structurels, partageant le sort tragique du cœur historique et du pont. Entre 1999 et 2004, un vaste programme international de reconstruction a permis de restaurer ses maçonneries à l'identique.

Aujourd'hui, la tour Halebija abrite le quartier général du club de plongeon de Mostar (Klub skakača u vodu 'Mostari'), perpétuant la tradition séculaire des sauts vertigineux depuis le Stari Most dans les eaux glacées de la Neretva. Le bâtiment accueille également un petit café, des boutiques de souvenirs et d'artisanat, ainsi qu'une galerie d'art. Au pied de la tour, les passages pavés invitent quant à eux à descendre vers la rive rocheuse, juste sous l'arche du pont.

FAQ

Pourquoi la tour s'appelle-t-elle Halebija ?

Elle tire son nom de l'officier ottoman Osman-aga Halebija, qui l'a surélevée et remaniée à la fin du XVIIe siècle. Selon la tradition locale, ce surnom lui viendrait de son enseignement du traité juridique « Halabi » à la médersa Karađoz-beg de Mostar.

Quel est le lien entre la tour Halebija et le nom de Mostar ?

Les soldats postés pour défendre le pont aux tours Halebija et Tara étaient appelés les « mostari », c'est-à-dire les gardiens du pont. La ville de Mostar tire directement son nom de ces sentinelles.

À quoi servait la tour au XVIIIe siècle ?

Entre 1714 et 1716, le gouverneur Mustafa Čelić a converti les niveaux inférieurs en prison, baptisée Ćelovina, tandis que les étages supérieurs conservaient leur rôle de caserne et de poste de guet.

Que trouve-t-on aujourd'hui dans la tour Halebija ?

La tour abrite le siège du club de plongeon de Mostar (Klub skakača u vodu 'Mostari'), une galerie d'art et d'artisanat, des boutiques de souvenirs et un petit café.

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