Cathédrale Saint-Sauveur d'Aix-en-Provence - Aix-en-provence
© Rolf Kranz | CC BY-SA 4.0
Destination

Cathédrale Saint-Sauveur d'Aix-en-Provence

Aix-en-provence, France

La cathédrale Saint-Sauveur d’Aix-en-Provence est une véritable chronique architecturale, traversant l'histoire de la cité depuis l’Antiquité jusqu’à l’époque moderne. Trônant sur la place des Martyrs de la Résistance, sur le tracé même de l'ancienne via Aurelia romaine, l'édifice ancre la limite nord du centre historique piéton. Classée monument historique dès 1840, cette église mère de l’archidiocèse d’Aix et Arles accueille toujours une communauté paroissiale bien vivante.

Sous les dalles de la cathédrale et de sa cour, les vestiges souterrains épousent les contours de l'ancien forum romain d'Aquae Sextiae. Si les traditions locales évoquent un sanctuaire primitif fondé par saint Maximin ou érigé sur les ruines d'un temple païen dédié à Apollon, la structure la plus ancienne formellement attestée reste son baptistère paléochrétien octogonal, bâti entre le Ve et le VIe siècle.

Trois nefs parallèles sous un même toit

En Europe, la plupart des cathédrales médiévales ont poussé vers le ciel, rasant les maçonneries anciennes pour reconstruire au goût du jour. Saint-Sauveur a préféré s'étendre à l'horizontale. Au fil des siècles, les bâtisseurs ont juxtaposé trois nefs distinctes, laissant chaque époque intacte sous une seule et même toiture.

Au sud, la nef romane du XIIe siècle impose ses massives voûtes en berceau de pierre, ses frises d'inspiration antique et ses chapiteaux corinthiens. Juste à côté s’élève la vaste nef centrale en gothique flamboyant, amorcée en 1285 et achevée au tout début du XVIe siècle avec ses hautes croisées d’ogives et ses chapelles latérales. Au XVIIe siècle, les architectes Laurent et Jean Vallon viennent équilibrer l'ensemble en bâtissant, sur le flanc nord, une nef baroque classique.

Le baptistère mérovingien et le cloître

L'héritage paléochrétien du lieu rayonne dans son baptistère octogonal des Ve et VIe siècles. Élevée à l’époque mérovingienne, la salle intègre huit colonnes romaines antiques en marbre coiffées de chapiteaux corinthiens. Au centre subsiste la cuve baptismale destinée à l'immersion totale, jadis alimentée par les anciennes canalisations romaines.

Adossé à la nef romane, côté sud, se love un cloître de la fin du XIIe siècle. Ce quadrilatère paisible, orné de chapiteaux sculptés et de galeries couvertes, offrait un havre de calme et de méditation aux chanoines de la cathédrale.

Portails sculptés et trésors artistiques

La façade occidentale dévoile un portail gothique flamboyant flanqué d'un clocher octogonal, élevé entre 1323 et 1425. À l'entrée principale, les vantaux en noyer ciselés avec une minutie virtuose sont l’œuvre du sculpteur toulonnais Jean Guiramand, réalisée entre 1500 et 1508. Protégés derrière des volets de bois, ces panneaux font dialoguer quatre prophètes de l’Ancien Testament et douze sibylles païennes, parfaite illustration de la pensée humaniste de la Renaissance qui voyait dans ces prophétesses antiques les annonciatrices de la Nativité. Si la Révolution française a mutilé la plupart des statues de la façade, épargnant seulement la Vierge du trumeau et la figure de saint Michel, des répliques fidèles ont été installées au cours des campagnes de restauration du XIXe siècle.

À l’intérieur, la cathédrale abrite d’inestimables trésors d’art sacré, au premier rang desquels figure le triptyque du Buisson ardent, peint au XVe siècle par Nicolas Froment. Commandée vers 1475 par le roi René d'Anjou et la reine Jeanne de Laval, l'œuvre figure la Vierge à l'Enfant ceinte par les flammes du buisson au-dessus de Moïse. Pour protéger ses pigments, les volets du triptyque restent clos en dehors des créneaux de visite prévus. La cathédrale entretient aussi des liens intimes avec l'histoire culturelle moderne : le maître postimpressionniste Paul Cézanne y fut baptisé en 1839, et c'est sous ses voûtes que furent célébrées ses obsèques en octobre 1906.

Visite et informations pratiques

La cathédrale Saint-Sauveur est ouverte tous les jours de l’année et son entrée est libre. En plus de son statut de haut lieu du patrimoine, elle demeure un lieu de culte actif, rythmé par des offices matinaux quotidiens et les messes du dimanche. Le cloître roman se découvre selon les créneaux d'ouverture affichés, tandis que le dispositif numérique Aix Cathédrale Connect offre un parcours d'interprétation historique jalonné dans tout l’édifice.

FAQ

Qu'est-ce qui rend l'architecture de la cathédrale Saint-Sauveur si unique ?

La cathédrale s'est déployée à l'horizontale plutôt qu'à la verticale. Elle rassemble trois nefs complètes et distinctes, dressées côte à côte sous un même toit : une nef romane du XIIe siècle au sud, une nef centrale en gothique flamboyant, et une nef baroque du XVIIe siècle au nord.

Quelle est l'histoire du baptistère de la cathédrale ?

Remontant au Ve ou VIe siècle, ce baptistère octogonal est un édifice paléochrétien qui réemploie huit colonnes romaines antiques à chapiteaux corinthiens et abrite une cuve conçue pour le baptême par immersion, autrefois raccordée aux réseaux hydrauliques romains.

Quelle œuvre d'art célèbre est conservée dans la cathédrale Saint-Sauveur ?

La cathédrale abrite le triptyque du *Buisson ardent*, chef-d'œuvre du XVe siècle signé Nicolas Froment et commandé par le roi René d'Anjou. Ses panneaux restent généralement fermés pour assurer leur conservation, hormis lors des créneaux de présentation programmés.

Quel est le lien entre Paul Cézanne et la cathédrale ?

Natif d'Aix, le peintre Paul Cézanne a été baptisé à la cathédrale Saint-Sauveur en 1839, et c'est en sa nef que ses funérailles ont été célébrées en octobre 1906.

More places in Aix-en-provence